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🛑 Am-Dafock : gagner une bataille ne suffit pas, il faut désormais verrouiller les frontières

La reprise d'Am-Dafock par les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés constitue une victoire militaire importante. Elle redonne espoir à une population meurtrie par les violences et réaffirme la volonté de l'État de défendre son intégrité territoriale. Mais il serait dangereux de considérer cette reconquête comme la fin de la menace.

Depuis plusieurs années, le même scénario se répète. Des groupes armés franchissent les frontières, attaquent des positions militaires ou des localités, sèment la terreur parmi les populations civiles, puis se replient. Les forces nationales interviennent, reprennent le contrôle du terrain et restaurent l'autorité de l'État. Pourtant, quelques semaines ou quelques mois plus tard, une nouvelle attaque survient ailleurs, selon un mode opératoire similaire.

Cette succession d'événements montre que le véritable problème ne réside pas uniquement dans la capacité à reconquérir une ville, mais dans celle à empêcher que ces attaques puissent être préparées et menées. Une victoire militaire, aussi importante soit-elle, perd de sa portée si elle ne s'inscrit pas dans une stratégie de prévention et de sécurisation durable.

Les frontières avec le Soudan et le Tchad demeurent particulièrement exposées. Leur immensité et leur porosité offrent aux groupes armés des possibilités d'infiltration qui fragilisent en permanence la sécurité nationale. Tant que ces espaces resteront insuffisamment contrôlés, les populations vivant dans les régions frontalières continueront de vivre sous la menace d'incursions violentes.

Il est donc impératif que les Forces de défense et de sécurité ne se contentent plus d'une posture de réaction. L'anticipation doit devenir le principe directeur de l'action militaire. Le renseignement, la surveillance des axes stratégiques, les patrouilles permanentes et le déploiement de postes avancés doivent permettre de détecter et de neutraliser les menaces avant qu'elles ne se concrétisent.

Le gouvernement, de son côté, est appelé à faire de la sécurisation des frontières une priorité nationale. Cela suppose des investissements dans les moyens humains, logistiques et technologiques, mais aussi une coopération régionale renforcée pour limiter les mouvements des groupes armés et les trafics qui alimentent l'instabilité.

Les Centrafricains n'attendent pas seulement des victoires ponctuelles. Ils attendent une paix durable, une sécurité qui protège les villages, les villes et les frontières. Reprendre Am-Dafock est une étape importante. Faire en sorte qu'elle ne retombe plus entre les mains de groupes armés sera le véritable indicateur du succès de la stratégie sécuritaire nationale.

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